
J’ai horreur de ce mot, pute. C’est terrible, ce qu’il est lourd à porter...
En fait, j’ai souvent envie de dire que je suis prostituée, rien que pour voir la tête des gens. Les gens, ceux qui pensent que c’est de l’argent facile...
Je cherche quels moyens on pourrait mettre en place pour lutter : l’éducation au sein de la famille et de l’école, bien sûr, travailler sur les mentalités, marquer les esprits comme on a pu le faire pour la peine de mort...
Il me disait toujours : si j’ai quelqu’un à tuer, tu seras la première. Je me disais : ou je le tue et je vais en prison ou je me tue ; il n’y avait plus d’autre solution.
Je veux juste témoigner du fait qu’à cette époque, rien ne nous dissuadait de devenir « clients » et que l’éducation ou la loi auraient pu nous éviter cette expérience désolante.
Pour oublier, il faudrait que je devienne aveugle, que je n’aie plus de mains, que j’aie la maladie d’Alzheimer.
Je ne comprends pas leur démarche. Le plaisir de payer ? Le pouvoir pour eux, apparemment, c’est aussi la possession de la femme. La prostitution, c’est avoir du pouvoir sur quelqu’un de plus faible.
Je ne retournerai dans la prostitution que dans le pire des cas. Le piège quand on bascule là-dedans, c’est de s’y enfermer ; d’être dépendant de l’argent qui tombe tout de suite.
Les gens normaux, on ne les rencontrait pas. On vivait dans un monde à part.
Tout est bon à mentir, à tricher. Il y a ceux qui marchandent, qui mégotent. Je leur dis « ça ne vous dérange pas de marchander une personne ? »
Au total, le Mouvement du Nid a recueilli
2797 signatures
au 16 mai 2008.
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