
Généralement appuyé sur des justifications puritaines, le prohibitionnisme entend interdire la prostitution. C’est le régime des États Unis d’Amérique (à l’exception de l’état du Névada) et du Golfe persique. Proxénètes, clients et prostituées tombent sous le coup de la loi. Dans la pratique, ce sont surtout les personnes prostituées qui sont pénalisées. L’expérience montre que ce régime aboutit à aggraver la situation des personnes prostituées et à favoriser le développement de réseaux clandestins de prostitution.
Le réglementarisme est un dérivé du prohibitionnisme ; il considère la prostitution comme un mal nécessaire qu’il convient d’organiser et de contrôler. Certains aspects de la prostitution sont interdits (prostitution dite « de rue »...) tandis que d’autres sont autorisés (proxénétisme...).
Les pays réglementaristes comportent des quartiers réservés, des « maisons » officiellement gérées par les municipalités... sous contrôle de la police. Les personnes prostituées doivent s’inscrire sur un registre médical (les « clients » ne subissent, eux, aucun contrôle) et également être déclarées auprès de l’administration. Les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grèce, l’Australie... sont réglementaristes. Officialisé par le code Napoléon de 1804, ce fut longtemps le régime de la France.
La tendance dite « abolitionniste » est en rupture avec ces deux approches. Elle prône l’abolition de toute réglementation organisant la prostitution, réprime l’exploitation de la prostitution d’autrui (le proxénétisme), met l’accent sur la prévention et la « réinsertion » des personnes prostituées. C’est le régime actuel de la France.
Dans la pratique, si l’abolitionnisme est une véritable avancée en comparaison du prohibitionnisme – inefficace et dangereux pour les personnes prostituées – et du réglementarisme, qui encourage l’existence du système de la prostitution, il reste critiquable pour ses incohérences : prostitution légale mais punissable dans les faits par le biais du « racolage », insuffisance des moyens de prévention et d’assistance...
Aujourd’hui, une rénovation de l’abolitionnisme s’impose, qui donnera toute sa place à une volonté politique de refus de la prostitution, visant progressivement à sa disparition. La Suède, engagée depuis 1999 dans un vaste programme de lutte contre les violences faites aux femmes, est un exemple de cette approche.
Au total, le Mouvement du Nid a recueilli
3079 signatures
au 25 juin 2008.
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